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2017 dans le rétro

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Une année de plus se termine sous nos yeux et alors qu’elle s’en va sur un haut footballistique avec un coup de boule victorieux dans les dernières secondes d’un match tout simplement invraisemblable, il est temps de faire le bilan d’une année forte en émotions. Décryptage.


JANVIER 2017 – Je vais bien, tout va mal.

Comme toute année qui débute bien, 2017 se lance par un petit tour de Coupe de France. Mais quelle est donc la malheureuse équipe qui a fait les frais de la main divine qu’est celle de Noël Le Graët ? Une équipe de septième division venue tout droit des îles ? La section unijambiste de Romorantin ? Les U8 Féminines de Senlis ? Non, c’est le Havre ! Oui, une Ligue 2. Parce que v’voyez, le secret pour bien truquer un tirage c’est de faire en sorte de tirer plus faible mais pas beaucoup plus faible. Pas fou, l’Nono ! Toujours est-il que ce match d’ouverture de 2017 aura été un match relativement maîtrisé par un onze pas loin d’être type. Un but de Diallo pour donner l’avantage aux rouge et noir, un second de Briand pour enfoncer le clou, telle est la recette de la réussite guingampaise. Oui, mais voilà, l’histoire ne s’arrête pas là. Parce qu’aux alentours de la 91ème minute, va se produire un événement totalement inédit à Roudourou, un événement qui aura des conséquences que personne ne peut alors imaginer : un but de Mana Dembélé. Un but anodin pour certains, mais qui sera pour d’autres le début de la fin de cette belle équipe qui nous aura fait vibrer les six mois précédents. Le reste de Janvier sera l’œuvre d’une équipe totalement assommée par ce coup de Trafalgar. Trois défaites à l’extérieur et un nul contre l’ennemi rennais en supériorité numérique, l’En Avant lance son année comme un mec qui se réveille nu dans un champs de blé après un demi coma éthylique au Nouvel An.

 

Mana Dembélé, second en partant de la gauche, chevalier de l’Apocalypse.


FÉVRIER 2017 – On peut recommencer ?

Février commence comme Janvier par un tour de Coupe de France alors on se dit « venez on dit que Janvier c’était pour du beurre, on commence l’année maintenant ? » Raté. Parce que même si la victoire en Coupe de France est présente, elle est ô combien difficile face à Vendée Les Herbiers. Il aura fallu compter sur un premier but d’Alexandre « trop bon pour Guingamp » Mendy et sur un second de Mathieu « ah putain, on l’a recruté, lui ? » Bodmer en prolongations suite à une égalisation à la 91′ des valeureux pensionnaires de National. Derrière, le schéma est le même qu’en Janvier, les défaites s’enchaînent à domicile comme à l’extérieur à l’exception d’une victoire contre l’Olympique Lyonnais. Mais ça ne compte pas, Nicolas Benezet était non-seulement apte à jouer mais dans une forme à faire bander les stéphanois présents devant la télé. Un but, une passe décisive pour Diallo, emballé c’est pesé, on se revoit la saison prochaine.

 

Benezet, revenant d’entre les morts pour mettre leur race aux lyonnais.


MARS 2017 – Voulez-vous utiliser une nouvelle vie ? OUI ☑ NON ☐

Nouveau mois, même habitude ! Comme Janvier et Février, l’En Avant lance le mois sur un déplacement pour la Coupe de France afin d’affronter Quevilly Rouen Métropole. Sans la facilité du Havre ni la difficulté des Herbiers, ça passe encore une fois. Tranquillou bilou, Guingamp avance en quarts. *Bois des larmes de brestois* L’enchaînement sera légèrement différent, un nul à Montpellier accroché dans les dernières minutes, une fessée donnée à un Bastia malade à la maison et voilà que Guingamp repart de l’avant… Vous y aviez cru ? Nous aussi. C’était sans compter sur le SCO et un bon vieux 3-0 des familles à l’extérieur pour redescendre sur Terre.


AVRIL 2017 – Cette fois, c’est la bonne.

Pour la quatrième fois de suite, la Coupe de France donne l’occasion à l’équipe de se remettre sur de bons rails. Un match un mardi début Avril sur le terrain de Fréjus, autant vous dire qu’on s’en souvient pas des masses si ce n’est qu’il aura fallu un scud du notre buteur de Coupe préféré, Alexandre Mendy, pour s’imposer d’une courte tête. Vive les matchs sur Eurosport360 ! Guingamp sera en demie-finale de Coupe de France, encore une fois. *Bois des larmes de rennais* Le reste du mois est composé ainsi : Quatre matchs de Ligue 1 et une demie-finale de Coupe de France. Et comment dire… ouch. Le résultat ? Trois points pris, douze buts encaissés, deux marqués et une élimination lamentable aux portes d’une nouvelle finale. *Bois ses propres larmes*


MAI 2017 – C’est bientôt fini.

Dans une demie-saison comme celle-ci, le dernier mois de compétition, c’est comme un rapport sexuel avec un Roud Boys : intense au début, décevant au milieu et on se souvient pas de la fin. Et surtout, c’est vite réglé. Ben là c’est pareil, une petite claque donnée aux Dijonnais histoire de dire « v’voyez ce qu’on aurait pu faire mais qu’on a pas fait ? », une claque encaissée chez les canaris histoire de dire « v’voyez, ça on l’a fait juste parce qu’on a foutu Bodmer défenseur central. » Et pour clore le tout, une victoire dont on ne se souvient pas des masses, malgré un but du Tout-Puissant, Moustapha Diallo. Eh bien, sachez que malgré ce récit par moment effarant, le plus bel exploit de Guingamp sera de terminer dixième de ce championnat. La Ligue 1 qu’on aime, morray.

 

Guingamp, 10ème de Ligue 1 avec deux points pris à l’extérieur en 2017.


JUIN-JUILLET 2017 – La pause.

Bah nous, pendant ces deux mois, on a regardé Game of Thrones. C’était bien. On en profite pour dire que Stannis Baratheon est le digne héritier du Trône. Que vous soyez d’accords ou non, nous est totalement égal. Deal with it. Y’a eu un mercato aussi, sinon. Des joueurs sont arrivés, d’autres sont partis. Pas Salibur. Voilà l’unique résumé que nous en ferons.


AOÛT 2017 – Table rase.

Deux mois suffisent amplement. Oubliées sont toutes les mauvaises pensées qui ont pu émaner les mois précédents, effacées sont toutes les idées noires. Non, cette saison nous n’irons pas supporter le Stade Rennais. Nous ne tournerons pas le dos au futchebol™. Et ça tombe bien, la Ligue 1 est de retour. *chante ♪LA LIGGGGGGGUUUUUEEEEE 1♪ sur l’air de ♪THE CHAMPIOOOOOOOOOONNNNNNNSSSS♪* Et même si on a eu mal, on sera encore une fois le cul vissé dans le canapé ou dans les travées des stades qui fleurissent notre doux pays de football. Et le premier d’entre eux, c’est Saint-Symphorien. Metz – Guingamp. Un match de rêve pour lancer une nouvelle saison dans l’élite.

Sadomasochisme : pratique sexuelle utilisant la douleur, la domination ou l’humiliation dans la recherche du plaisir.

14 minutes. 14 toutes petites minutes. C’est tout ce qu’il aura fallu pour prendre nos espoirs d’une belle saison et de s’asseoir dessus péniblement et douloureusement, comme un vieil homme avec des hémorroïdes s’asseyant sur ses burnes. La raison derrière cette image ? Un but de Nolan Roux, bordel. On peut tolérer beaucoup de choses, vraiment. On l’a souvent prouvé. Mais qu’avons-nous fait pour mériter d’encaisser un but de N-O-L-A-N R-O-U-X ? Le karma n’a-t-il pas mieux à faire que de s’acharner sur des pauvres guingampais ? Il faudra un pénalty donné à Jimmy Briand pour voir un Guingamp difficilement revenir à la marque avant d’attendre le dernier quart d’heure pour voir un semblant de jeu. L’ultra-réalisme guingampais ce soir-là va permettre d’accueillir le désormais « PSG de Neymar » avec trois points dans la poche. Et ce n’est pas du luxe ! On ne va pas vous le décrire ce match, vous l’avez sûrement vu comme des millions de personnes à travers le monde. On ne vous parlera pas donc de ce CSC alors qu’on tenait bon, telle une tradition guingampaise quand tout va bien. L’habituelle balle dans le pied. L’heure du bilan du premier mois de compétition venu, Guingamp prend six points sur douze en ayant affronté les seconds et troisièmes du dernier exercice. L’optimisme encore présent nous laisse un goût de bonne opération. Des résultats sans le jeu.

 

Lève la main si t’as pris un but de Nolan Roux en Ligue 1.


SEPTEMBRE 2017 – C’est reparti pour la galère.

Un mois lancé sur un match à notre portée, un club qui avait su, la saison passée, nous offrir six points et une victoire en Coupe de la Ligue : l’Olympique Lyonnais. Tout était réuni. Et même si sur le terrain, il s’agira presque d’un match référence, c’est sans le moindre point en poche que l’En Avant rentre à la maison. Le principe de la défaite encourageante ne nous plaît guère, vous ne voyez pas un mec le Dimanche matin venir voir ses potes et leur dire « j’suis content, hier j’ai failli niquer. » Heureusement, ces trois points viendront une semaine plus tard grâce à un pétard venu d’ailleurs à la 93ème. Une exultation générale et une gavotte digne des meilleurs cercles du Tregor. Un seul point supplémentaire sera pris ce mois-ci, contre Toulouse, après avoir ouvert rapidement le score et subit une semaine plus tôt une énième défaite contre le Bordeaux de Joce, cet ex qui refuse de céder à tes avances quand tu la revois. Quatre matchs joués, quatre points pris.


14 OCTOBRE 2017 – Le derby.

Ce match-ci a le droit à son paragraphe à part. Déjà, parce que c’est le derby. Ensuite, parce qu’il s’agit vraisemblablement de notre match référence de l’année. Un Guingamp séduisant face à un Rennes en difficulté. Un but de la main – on aime à penser ça, ça rajoute de la jouissance au contexte – de Diallo après une minasse de Thuram sur la barre, un second pion de Briand et du jeu. Que demander de plus ? Des semaines, des mois même, que l’on n’a pas vu l’En Avant, notre En Avant, dérouler de la sorte. Ce match était aussi à part car c’était le dernier. Le dernier avant « la période sombre. » *musique angoissante*


OCTOBRE-NOVEMBRE 2017 – La période sombre.

Au moment d’écrire sur ces deux mois, le courage nous manque. Comment décrire avec justesse cette longue période, ces sept matchs où le jeu guingampais n’a d’égal que le vide d’un trou noir ou d’un porte-feuille après les fêtes de Noël ? Comment décrire ces sept matches où c’est avec le plus grand mal que Guingamp a pu prendre trois ridicules petits points ? Ce mélange de malchance quand Kallé Johnson se troue complètement contre Nantes et de ridicule total quand l’équipe repart de Monaco avec six pions dans la valise ? Du match de Coupe contre Montpellier où la peine a été au rendez-vous pendant 90 minutes ? Du match, chez nous, où il aura fallu qu’Amiens soit réduit à dix pour aller dans le plus grand mal arracher un nul ? De la première mi-temps contre Marseille où il n’y avait juste… rien ? On ne saurait le faire. Impossible d’écrire ces mots sans se remettre dans l’état de détresse dans lequel nous étions durant ces moments. Frodon, alors qu’il était aux abois sur le Mont Destin, l’espoir de la Terre du Milieu entre les mains, aurait d’ailleurs dit « Je préfère être ici que de revoir Marseille-Guingamp. War Roak, Sam Gamgee. »

 

Frodon, fidèle supporter guingampais. Avant 2017, après 2017.


DÉCEMBRE 2017 – Un nouvel espoir.

Mais si Guingamp est capable du pire, il est aussi capable du meilleur. Il suffit d’un déclic. D’un match. D’un but. De Briand, disons. Contre Troyes, par exemple. D’une révolte d’un groupe, qui laisse tout sur le terrain. Comme Razza Camara qui va se sacrifier et laisser ses croisés sur le pré pour défendre une balle à quelques minutes de la fin d’un match alors mené d’un petit but. Et c’est sans parler du véritable événement de ce mois-ci. La cerise sur la pizza à l’ananas, celle que l’on déguste sans toucher au reste. L’univers a décidé de rééquilibrer la balance karmique quand, le 9 Décembre dernier, Christophe Kerbrat s’est élancé pour mettre son coup de casque victorieux au premier poteau. Des buts de Mana Dembélé, Nolan Roux, Maxwell Cornet et consorts, on veut bien en prendre d’autres si telle est la contrepartie. Il en faut peu, et parfois tant, pour renverser une situation. Et encore une fois, c’est en Ligue 1 qu’on le sait plus que personne. Une série positive et voilà que l’En Avant de Guingamp va passer la trêve au chaud, à la huitième place de ce merveilleux championnat. Merci, Conforama.

 

Christophe Kerbrat, s’élançant pour inscrire son premier but en Ligue 1.


Un mois de Décembre et une année 2017 qui se terminent sur une délivrance, sur un peuple qui exulte ensemble, dans l’union la plus totale, quel meilleur symbole de ce qu’est Guingamp ? Tout ça pour dire que si cette année 2017 a été ô combien difficile et composée de bien plus de bas, de questions, de doutes que de hauts, de joies et de satisfaction, pour rien au monde nous ne changerions de club. Parce qu’il n’y a que l’En Avant. Bonne année 2018 à tous et allez Guingamp.

Article ecrit par Franck

Adorateur de Moustapha Diallo.