Rejoins

Il était une fois : Marek Jozwiak

Partager

Marek Jozwiak, un nom qui résonne encore dans nombre de têtes guingampaises. Le défenseur central polonais aura marqué l’histoire du club de 1996 à 2001 (142 matchs, 8 buts) par son efficacité, son impact physique digne d’un char d’assaut, mais également sa sympathie. Petit retour sur sa vie, son œuvre, en s’attachant bien entendu à son  passage glorieux dans le Trégor.

Marek est né le 21 août 1967 à Raciąż, un havre de paix chaleureux à une heure de Varsovie. Tout naturellement, le futur géant traîne ses crampons acérés dans sa ville natale au LKS Błękitni Raciąż (imprononçable, je sais), avant de faire des passages au MKS Mlawianka Mlama puis au KS Śniardwy Orzysz (à vos souhaits). Le talent du jeune homme ne laisse pas insensible le club phare du coin, le célèbre Legia Varsovie avec lequel il découvre le plus haut niveau polonais pendant 9 ans, marquant notamment un but en Ligue des Champions 95-96 avant d’atterrir dans notre village.

Marek Jozwiak au Legia Varsovie

Marek au Legia Varsovie, avant son transfert à Guingamp. Frais comme un gardon, bien dans ses crampons.

 

La saison 96-97 se profile à Guingamp et le départ d’Hubert Fournier pour le Borussia Mönchengladbach laisse une place abyssale dans la charnière centrale à l’aube de la première expérience du club en Coupe d’Europe. Le choix de la cellule de recrutement se tourne alors vers un solide défenseur polonais (1,91m, 82 kilos) au doux sobriquet de … Marek Jozwiak. « Bienvenue chez toi, bienvenue dans ta nouvelle maison », aurait lâché le tout jeune Bertrand Desplat, cherchant déjà à faire bonne impression auprès de beau papa. Cet inconnu au bataillon compose presque immédiatement la charnière centrale qui restera à jamais comme une des plus solides de l’histoire du club, en compagnie du roumain Gheorghe Mihali. Les deux amis de l’ex-bloc soviétique accueilleront pendant deux ans les attaquants adverses avec un flegme « Poutinien » amoureusement distribué à coup d’épaules et de crampons.

Sa première saison marquera les esprits. Outre le fait d’être un défenseur à l’impact physique déterminant, le déménageur de Varsovie fait les choses proprement niveau carton (c’est bon tu as saisi la blague ?) : 39 jaunes pour 6 rouges dans sa carrière, relativement honorable. Plus important encore, Marek participe à la réussite du club en coupe Intertoto en reprenant d’une tête rageuse  un coup franc dans les buts du Dinamo Bucarest pour une victoire 2-1, son premier but sous les couleurs guingampaises. (Marek montant, l’adversaire avait été noyé). Côté stats, cette première saison symbolise l’importance du polonais dans l’effectif, le club perd 8 des 11 matchs joués en son absence.

But de Marek Jozwiak - EAG - Dinamo Bucarest - Coupe Intertoto

But de Marek Jozwiak : EAG – Dinamo Bucarest – Coupe Intertoto 1996-1997.

 

Décidément légendaire, cette saison 96-97 verra le club accéder à une finale de coupe de France contre Nice au Parc des Princes. Marek Jozwiak sera un artisan déterminant de cette réussite en sortant un match énorme, muselant avec hargne Bagayoko, l’attaquant phare de Montpellier en demi-finale. L’envie de serrer la main de Chirac était manifestement plus forte de son côté. Petite fantaisie dans cette finale,  sa coiffure originale : un logo du club dessiné à la tondeuse sur l’arrière du crâne !

C’est d’ailleurs la seule Coupe côté Guingamp, ce soir-là.

Homme fidèle, Marek fait la joie du club durant 4 ans et rempile en 2000 pour une saison supplémentaire. Quatre ans d’amour entre lui et le public du Roudourou qui s’enthousiasme pour son abnégation sur le terrain. Cependant, l’avenir se complique pour lui lors de la saison 2000-2001. A 32 ans, le défenseur marque le pas et ne joue plus, les ravages du beurre salé. L’hiver 2001 signe, à regret, la fin de l’aventure pour Marek dans les Côtes-d’Armor qui rejoint les rangs de Shenyang Ginde en Chine (aujourd’hui Guangzhou FC, déjà l’eldorado des pré-retraités à l’époque). L’expérience tournera court après 4 matchs aussi gênant que les vidéos de Chandemerle sur EAG.

Marek Jozwiak

« Déconnez pas les gars rendez la moi ! »

 

A l’été 2001, Marek revient au Legia Varsovie pour clôturer sa carrière là où elle avait pris son envol. Il restera un pilier de l’équipe polonaise jusqu’en 2005 avec laquelle il participera au doublé Coupe-Championnat en 2002. Par la suite, il deviendra recruteur en 2005 pour le Legia Varsovie, avant d’en devenir le directeur sportif. L’aventure se termine dans des conditions troubles à l’arrivée d’une nouvelle direction en 2015. On retrouve sa trace dans le club du Lechia Gdańsk en 2015 (Pologne) où il a été directeur sportif et responsable du recrutement. Là aussi l’expérience devient trouble à l’arrivée d’un nouvel entraîneur, Piotr Nowak, n’appréciant visiblement pas l’influence de l’ancien défenseur sur l’équipe première. Jozwiak est écarté de la direction sportive la première année de son arrivée pour être affecté exclusivement au recrutement. Son rôle exact est aujourd’hui inconnu et son nom n’apparaît plus dans l’organigramme du club.

Joueur emblématique, Marek Jozwiak reste le symbole d’une époque dorée pour le club, faite de performances en coupes, de descente, de montée, de matchs à sensations comme seul Guingamp sait nous en réserver. Il laissera le souvenir d’un homme simple, accessible et à l’accent polonais irrésistible. Souvent cité en référence à son poste, comme son illustre compatriote Andrzej Szarmach en attaque (85 – 87), Marek Jozwiak laisse planer son souvenir attachant sur le Roudourou, qui voit aujourd’hui en Kerbrat un digne successeur.

Article ecrit par Xavier

Guingampais expatrié, passionné depuis mes premiers matchs sur la butte Ouest du Roudourou en 95 (ça date), je traîne mon spleen en terres normandes et récite une ode à Mouss’ Diallo chaque matin. Handballeur à mes heures perdues, professionnel de l’event et de la com’ dans la vraie vie