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La capote Anglaise

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« Le dernier jour du mercato ou la capote Anglaise. »

Ah, le dernier jour du mercato  d’hiver ! Ces signatures improbables qui se concrétisent, ces transferts faits à 99,99 % (il ne manque plus que l’avis du pédicure) et qui foirent à cause d’une virgule sur un contrat, ces millions d’euros qui atterrissent sur la table, sans que l’on sache vraiment pourquoi ni comment…

Nous nous sommes infiltrés au cœur du club pour ce 31 janvier bien particulier, jugez plutôt !

 

16h00 : L’heure du goûter pour la majeure partie de nos chères têtes blondes, mais aussi pour Bertrand. C’est donc tout naturellement autour d’un café, de madeleines Armor Délices et de quelques douzaines de crêpes au beurre, ramenées par Sloan, que l’intégralité de l’équipe prend place autour du président.

BD : «Bon, sortez vos livrets, chapitre 3 alinéa 2 et relisons le psaume du  dernier jour !  Nicolas, tu nous fais la lecture ?».

Nicolas : «Je promets de ne pas répondre aux sirènes de l’argent, le dernier jour du mercato. De rester fidèle au contrat qui me lie à l’En Avant et de ne pas signer ailleurs laissant par le fait mon équipe dans l’embarras.»

Mathieu : «Putain, mais c’est une plaquette de beurre par crêpe ou bien ?»

Sloan : «Ta bouche le nouveau, si t’es pas content, retourne bouffer ta salade niçoise !»

Rires francs…

 

19h00 : L’heure de l’apéro après une journée d’entrainement. C’est au salon de réception que se retrouve tout notre beau monde.

AK : «Bon les gars, je compte sur vous pour demain, on a un match important face aux Herbiers.»

Ludo et Marcus en chœur : «Nous , on en a déjà fait un d’Herbier, en Science et vie de la Terre il y a deux ans. Mana, il en avait un aussi, mais avec des herbes exotiques.»

Rires francs…

AK : «Je compte sur vous tous, il faut effacer cette série noire.»

Mathieu : «On dit ce Seri noir coach, et puis le match de Nice est déjà passé !»

Rires gênés…

AK : «Je vous préviens : pas de transferts ce soir, tout le monde au dodo et on se retrouve demain, frais et dispos. Il faudra… Oh ! Christophe, je parle là ! Il faudra des guerriers vigilants !»

 

20h00 : L’heure du repas, Bertrand est tourmenté, c’est qu’il l’aime son équipe, voir un joueur quitter le club est pour lui un déchirement ultime, un abandon intime ! Et puis voilà, patatra, le téléphone se met à vibrer et à jouer le bro gozh ma zadoù. Fébrile, tout comme son gardien remplaçant en Corse, il décroche et tout de suite entend un correspondant qui lui annonce :

AA : «Hi, Mister Desplat, I’m Assem Allam from Hull.»

BD : «Scuse mon p’tit pote, but I dont spique well anglish.»

AA : «Sorry, continuons en français, je vous appelle pour vous faire part de notre volonté de recruter votre joueur Salibur le plus rapidement possible. Nous sommes disposés à vous dédommager grassement  à hauteur de 10 millions d’euros.»

BD : «Never ! It is fabulous ! Oh yes again my Darling !»

Sur ces mots un peu entrechoqués, Bertrand se reprend.

BD : «It’s a big somme but I préfère not to vendre him, it’s un de mes piliers, but the somme you propose is quasi le half de mon budget for one year. I am en plein doute. I will call Yannis and spique avec lui de votre offer. I call you back in quinze minutes.»

 

22h00 : L’heure du digestif. Bertrand a réussi le tour de force de rameuter les troupes pourtant déjà parties dans leurs demeures ! Tout le monde est là, de la secrétaire au responsable de la communication, de l’équipe A à Antoine.

Mathieu : «C’est que je dormais moi !»

Nicolas : «Plus profondément que quand tu es sur le terrain ?»

Rires francs…

BD : «Si je vous ai tous réunis ce soir à cette heure avancée, c’est que le moment est important, solennel ! Vous avez… Oh, Christophe, je parle là ! Je reprends, vous avez remarqué que Yannis n’est pas là avec nous. Il est depuis 35 minutes à l’aéroport de Lannion. Hull le veut, Hull a fait une belle offre, Hull s’est montré séduisant, vient de nous expédier les contrats à signer.»

Mathieu : «Il manque Hull avant « vient de nous expédier les contrats à signer ».»

Rires gras…

BD : «J’ai donc décidé d’accepter de le laisser partir, il va s’envoler au loin, un peu comme ses coups de pieds arrêtés. Antoine m’a donné son aval, aussi dur que cela puisse vous paraître, vous ne le verrez plus à Guingamp.»

Nicolas : «Mais le petit livre président, le chapitre sur le dernier jour ?»

BD : «C’est pour les joueurs, pas pour le président. Bien nous avons faxé, nous n’avons plus qu’à attendre la validation anglaise. Bonne nuit à tous.»

 

23h59 : Devant le fax, Bertrand est rouge, énervé, voilà près de 50 minutes qu’il empêche l’appareil de se mettre en veille en appuyant toutes les 10 secondes sur un petit bouton vert. De fax anglais, rien. Aucun papier ne sera imprimé cette nuit.

 

Minuit et une poignée de secondes : Le bro gozh ma zadoù retenti, c’est Yannis qui appelle.

Yannis : «Président ? Alors c’est bon, je peux monter dans l’avion ? Ils me regardent tous bizarre ici. Au début c’était sympa, ils me faisaient signer des autographes à leurs gamins, ils m’ont même proposé de faire un foot avec eux pour patienter, mais j’ai cassé une vitre de la tour de contrôle sans faire exprès et depuis ils ne me parlent plus.»

BD : «Non, Yannis, tu ne montes pas dans l’avion ce soir, je n’ai pas reçu les papiers pour ton nouveau contrat, tu prends un taxi et tu rentres à la maison. J’expliquerai aux autres demain pour te préserver. Tu ne viendras pas au match avec nous en Vendée, tu dois être fatigué. Ton transfert en Angleterre a échoué, c’est la capote anglaise…»

 

La suite de cette histoire est encore à écrire à ce jour. La situation de Yannis vis-à-vis de Guingamp est aussi fouillie que le match contre les Herbiers et aussi déplaisante qu’une fin de match face à Caen. Quoiqu’il en soit, ce billet d’humeur se veut un exutoire humoristique à une situation burlesque mais assez navrante dans le fond. Guingamp est un club structuré, en bonne santé financière qui doit malgré cela vendre ses bons éléments pour continuer à avancer, à progresser. Néanmoins, si l’opportunité financière est avérée, 10 millions d’euros ce n’est pas tous les jours, le départ éventuel de notre canonnier sous les cieux anglais en milieu de saison nous attriste.

  • Réserve-t-on une partie du « pactole » de la vente afin de convaincre Fernando Marçal de signer définitivement chez nous ?
  • Doit-on s’attendre à un Nicolas Benezet étincelant pour les matchs à venir ?
  • Yannis Salibur a-t-il refusé d’être un Kalon ?

Espérons que Marseille, Lyon, Bordeaux et Monaco, pour ce mois de Février, soient nos victimes expiatoires !
Dans tous les cas, bon vent Yannis si tu pars, welcome home si tu restes.

Article ecrit par ArMelo

Membre débutant chez @RoudBoys,
Ancien administrateur du forum officiel de l’En Avant de Guingamp,
Co-fondateur des « Vieux Cons de Guingamp »,
Coco addict.
Parle plusieurs langues, Français, Anglais, Allemand, Breton, Latin et de Pute.