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Le (nouveau) carnet rouge.

Depuis quelques années, les joueurs qui débarquent à Guingamp doivent signer un « carnet rouge ». Humilité, combat, exigence, solidarité : telles sont les valeurs qui figurent dans ce petit fascicule voulu par le désormais ex-président Desplat. Pourtant, force est de constater que le message n’est pas bien passé auprès de certains. Après « l’affaire Romao », on s’est dit qu’une piqûre de rappel ne serait pas de trop.

RÈGLE 1 – L’EXEMPLARITÉ
Ici, on respecte le maillot rouge et noir et ceux qui l’ont porté. Et quand on sait qu’un jeune joueur de 23 ans est décédé dans un accident de la route il y a moins d’un an, on évite de s’afficher sur Instagram au volant de son bolide sans ceinture de sécurité. D’autant plus lorsque l’on a soi-même 36 ans, que l’on est père de famille, joueur cadre recruté pour son expérience, et censé donner l’exemple aux plus jeunes.

RÈGLE 2 – L’INSTITUTION
Ici, on respecte l’institution. Lorsque l’on se fait reprendre à la volée suite aux faits évoqués ci-dessus, on s’abstient d’afficher publiquement son employeur sur les réseaux sociaux en se donnant des airs de Martin Luther King du pauvre. On fait profil bas, on apprend de ses erreurs pour ne pas les répéter. Avec la même humilité que celle pour laquelle on s’est engagé en signant le fameux carnet rouge.

RÈGLE 3 – LE PUBLIC
Ici, on respecte son public. Les joueurs passent, les supporters restent. Plus que quiconque, ils incarnent le club, ils en sont l’âme. Certains se saignent pour payer leur abonnement, font des dizaines voire des centaines de kilomètres pour venir encourager leur équipe à domicile comme à l’extérieur, parfois (et même souvent depuis plusieurs mois) pour assister à un triste spectacle dans la fraîcheur et l’humidité de l’hiver costarmoricain. La moindre des choses, c’est d’avoir de temps en temps une pensée, un geste pour eux (comme celui de Livolant après son but face à Auxerre), d’aller les saluer à la fin du match. Ce qu’Antoine Kombouaré, en un peu plus de deux saisons à Guingamp, n’a pas fait une seule fois.

RÈGLE 4 – L’ENGAGEMENT
Ici, on respecte son contrat. Évidemment, tous les joueurs peuvent avoir, à un moment de leur carrière, des envies d’ailleurs. Ça fait partie du foot. En revanche, annoncer sur un plateau télé vouloir signer dans un club plus « zuppé » lorsque l’on n’est même pas capable d’enchaîner deux bonnes performances de suite et de s’imposer dans un club comme Guingamp, c’est au mieux prétentieux, au pire irrespectueux.

RÈGLE 5 – LE BRASSARD
Ici, on respecte le capitanat. Porter le brassard, ça doit être une fierté, un honneur. Alors quand on sait pertinemment que son avenir s’écrit à plusieurs centaines de kilomètres de Guingamp, plus au sud et en Ligue 1, il faut avoir l’honnêteté de le refuser plutôt que de le porter à contrecœur.

RÈGLE 6 – L’ENTRAINEUR
Ici, on respecte les choix du coach, même en tant qu’agent. Alors quand on constate que son poulain n’est pas au niveau, on accepte la critique et on se remet en question plutôt que d’incriminer l’entraîneur sur les réseaux sociaux. Ça ne rend service à personne, ni au club, ni au joueur.

RÈGLE 7 – LA PAROLE
Ici, on respecte sa parole. Alors quand on est libéré de son contrat par son club, qu’on bénéficie d’un bon de sortie pour rejoindre la MLS et qu’on s’engage à ne pas signer dans un autre club de Ligue 1, on ne signe pas dans un autre club de Ligue 1.

RÈGLE 8 – LE VESTIAIRE
Ici, on respecte les femmes de ses coéquipiers. Pas besoin d’approfondir (si vous me passez l’expression).

Ici, c’est Guingamp.

Article ecrit par Bastien

Diallo akbar.