Rejoins

Lettre ouverte à Moustapha Diallo

Partager

Cher Mous,

L’émotion qui m’envahit au moment d’écrire ces quelques lignes est tellement forte que je ne sais par où commencer. Depuis quelques jours maintenant, nous avons appris que ton aventure guingampaise s’achèverait à l’issue de cette saison 2017-18. Parmi les raisons invoquées : une prétendue volonté de ta part de retrouver le pays de tes racines, le Sénégal. Un choix difficile à accepter pour beaucoup d’entre nous, mais que nous aurions bien évidemment respecté.

Mais ce mélange paradoxal de déception et de compréhension s’est transformé en colère lorsque, dans une interview accordée à Ouest-France, nous avons appris ton souhait de prolonger l’aventure qui n’a pas été exaucé. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur les conditions de ton départ, nous ne connaissons pas les tenants et aboutissants de cette affaire et préférons attendre les versions du président et de l’entraîneur pour se faire un avis définitif. Mais sache que cette nouvelle nous déchire le cœur.

Sur le plan sportif, tu as tout connu avec ce club, du National à la Ligue 1 en passant par la Coupe de France et la Coupe d’Europe. Mais nous savons également à quel point tu es attaché à Guingamp sur le plan sentimental. Contrairement à toi, guingampais d’adoption, tes enfants sont nés et ont grandi ici. Tu fais désormais partie de la famille EAG – même si cette dimension familiale semble avoir cruellement fait défaut au club au moment de négocier ta prolongation, et que comme pour Thibaut Giresse, Jonathan Martins-Pereira et Benjamin Angoua, je ne peux m’empêcher de penser que tu n’as pas eu la sortie que tu méritais devant ton public.

Sache une chose : les supporters de l’En Avant de Guingamp te sont éternellement reconnaissants pour tout ce que tu as apporté au club. Nous n’oublierons pas ta reprise de volée somptueuse contre Monaco. Nous n’oublierons pas ta tête rageuse contre le Dynamo Kiev. Nous n’oublierons pas les centaines de duels gagnés sous le maillot rouge et noir. Nous n’oublierons pas ta combativité, ta détermination, ta rage de vaincre (même si cela t’a attiré les foudres des arbitres qui ont parfois eu le carton facile contre toi). Nous n’oublierons pas ton t-shirt à la gloire de Serigne Fallou fièrement exhibé à chaque but marqué.

D’un point de vue plus personnel, je n’oublierai pas ta gentillesse, ta simplicité et ta disponibilité au moment de prendre une photo avec toi pendant la traditionnelle présentation de l’effectif de début de saison. Je n’oublierai pas ce jour de mai 2013 et cette victoire contre Dijon synonyme de remontée en Ligue 1. Je n’oublierai pas la soirée qui a suivi où, au moment de rejoindre la place du centre pour le concert d’Emile & Image, nos regards se sont croisés et tu m’as fait signe de la main. Une délicate attention à ton image : simple, généreux, souriant.

Parfois moqué pour ta dégaine ou ton accent (« Il faut… Il faut bagarrer »), souvent dénigré par les supporters adverses pour ton agressivité, tu as toujours tout donné pour nos couleurs. Comme tu l’as dit toi-même, tu n’as jamais triché, et ça les supporters savent s’en rendre compte. Pour toutes ces raisons, tu resteras dans nos cœurs pour toujours.

En espérant que tu liras ces quelques lignes,

Merci pour tout Mous, et à bientôt.

Article ecrit par Bastien

Diallo akbar.