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Retour sur… Beauvais-Guingamp 1998

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Importants par leur contexte, par leur scénario, par leur conséquence, par des joueurs qu’ils ont pu révéler ou encore tout simplement par le plaisir qu’ils ont pu nous procurer, nous allons revenir dans cette rubrique sur quelques matchs marquants dans l’histoire d’En Avant.

87 minutes…. et c’est tout.

Association Sportive Beauvais Oise – En Avant de Guingamp
Date : Jeudi 29 Octobre 1998.
Lieu : Stade Pierre Brisson, Beauvais.
Compet’ : Division 2, 14e journée.

Les plus jeunes ici vont dire: « Quoi ? Le mec veut nous faire une séquence nostalgie et nous sort un pov’ Beauvais-Guingamp de D2 pour commencer? ». Tel ce bon vieil Arsène, je réponds « Oui. », mais moyennant quelques explications sur ce qui restera comme un des matchs les plus curieux de l’histoire de l’EAG.

Un contexte agité

La Coupe du Monde 1998 a permis de réchauffer un peu notre cœur, mais il saigne encore (ouais c’est du Kyo) : Guingamp vient de descendre en D2. Et malgré quelques départs en attaque notamment, En Avant compte bien remonter rapidement grâce une ossature Jozwiak-Michel-Baret-Coridon-Tasfaout solide pour la D2, laquelle est complétée par une recrue phare : Jean-Pierre Papin.

Jean-Pierre Papin sous le maillot de Guingamp.

Papin, beaucoup plus intransigeant sur les termes de son contrat qu’avec son coiffeur.

Et manifestement « Jipépé », bénéficiant d’un emploi du temps arrangeant pour rester auprès de sa fille handicapée, n’est pas venu pour trier les lentilles et annonce vouloir être titulaire et faire remonter le club. L’expérience tournera pourtant court. Francis Smerecki, le trouvant à court de forme, ne l’aligne pas automatiquement dans le XI de départ et dès la 4e journée – 1 victoire, 1 nul et 2 défaites – l’homme aux grandes oreilles pousse sa première gueulante et pose un ultimatum : « On n’est pas dans le coup et si rien ne change, je préfère partir ! » Le joueur met notamment en cause des choix de jeu et de joueurs et promet de faire un point à la trêve hivernale.

Rien de tout ça n’adviendra, 9 journées plus tard et une laide 15e place au classement, Papin quitte En Avant fin octobre en ayant joué 10 matchs et inscrit 3 buts (aucune papinade). Le président Salomon, fragilisé, partira même quelques jours plus tard, plongeant Guingamp dans une de ses rares périodes très mouvementées. Prends ça la crise de Novembre du PSG!

Dans ce contexte (sans président et sans n°9), à peine 24h après les annonces de ces départs, c’est une équipe de Guingamp, attendue, mais préparée complètement à l’arrache, qui se rend en Picardie pour un match déjà important, Beauvais étant relégable à 2 points derrière les Rouge et Noir.


Coco Michel : « Putain, mais qu’est-ce qu’on fout là? »

Le Match et… la loi III du football

Comme prévu donc, Guingamp, vêtu de son maillot jaune (« dégueulasse » est l’adjectif approprié), rentre mal dans son match et commet beaucoup d’erreurs individuelles. Beauvais prend la rencontre à son compte sans parvenir à être réellement dangereux : Eric Assadourian, ancien de la maison guingampaise, étant l’homme le plus en vue de la rencontre. En Avant ne réplique que sur coups de pied arrêtés et par une reprise de Tasfaout en toute fin de période. 0-0 à la mi-temps dans un match assez terne et plutôt calme, rien donc qui ne présage le scénario de la seconde période.

Une seconde période où le football professionnel va alors redécouvrir une des règles de la loi III du football, beaucoup plus connue dans les matchs de district où l’esprit de vengeance du coéquipier venant de subir un tacle dans les côtes flottantes règne en maître ou encore lorsque qu’une équipe menée 7-0 à la mi-temps se découvre soudainement 4 blessés. En effet, cette règle stipule que :

« En France, aucun match ne peut avoir lieu si l’une ou l’autre équipe dispose de moins de 8 joueurs. »

Et alors que Guingamp prend enfin le contrôle du match en seconde mi-temps, c’est à partir de la 61e minute que le festival de l’arbitre M. Bonnichon (<insérez ici votre propre vanne>) va débuter, bien aidé – aussi – par la perte de sang-froid des Beauvaisiens. 61e minute donc, lors de laquelle Charly Coridon part à la limite du hors-jeu, se présente devant le gardien, qui le fauche. Péno. Les Picards discutent la sanction, le capitaine Hervé Hagard touche l’arbitre de touche et se fait expulser par l’autorité compétente, qui aura donc tout appris à Nicolas Rainville. Resté concentré, Hafid Tasfaout transforme le pénalty (0-1, 61e).

Auto-sabordage

S’en suit alors un vaste auto-sabordage de la part des Rouge et Blanc, qui accumulent les fautes grossières jusqu’au second jaune de Vandevoorde à la 66e et au rouge direct de Marolany à la 77e. Les Guingampais, eux, ne parviennent pas à se mettre à l’abri contre 9 puis 8 joueurs – et un public – remontés, dans un match devenu haché. L’apothéose a alors lieu à la 87e minute, alors que Fiorèse vient enfin de libérer l’équipe dans la minute précédente sur un bon centre de Coridon (0-2, 86e), le gardien picard Xavier Poitrinal effectue une magnifique mise en échec à montrer dans toutes les écoles de hockey sur Janick Tamazout qui se présentait seul face à lui. Quatrième expulsion beauvaisienne, allez hop on plie les gaules, le match est arrêté et la victoire guingampaise.

Malgré ce succès lors de ce match particulier, le soulagement sera de courte durée pour En Avant qui rejoindra péniblement la trêve à une 15e place inquiétante. Seul le changement d’entraîneur en seconde partie de saison et l’arrivée de Guy Lacombe amènera l’équipe à la 7e place en fin de saison.


Le jet de maillot vers l’arbitre, la faute du gardien, les propos de l’entraîneur (et sa moustache)…Non ceci n’est pas un sketch des Inconnus.
 

Article ecrit par Jean-Charles

Fournisseur officiel de vestes Napapijri à Toune Carnot.