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Retour sur… Guingamp-Monaco 2003

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Importants par leur contexte, par leurs scénarios, par leurs conséquences, par des joueurs qu’ils ont pu révéler ou encore tout simplement par le plaisir qu’ils ont pu nous procurer, nous allons revenir dans cette rubrique sur quelques matchs marquants dans l’histoire d’En Avant.

 

Guingamp au firmament

En Avant de Guingamp – Association Sportive Monaco Football Club
Date : Mardi 20 Mai 2003.
Lieu : Stade de Roudourou, Guingamp.
Compet’ : Ligue 1, 37e journée.

 

Au terme d’une saison 2002-2003 oscillant entre belles périodes sans défaite et longues séquences négatives, Guingamp achève son exercice par deux matches déterminants pour l’attribution du titre, au cœur de ce qui sera la plus belle série de résultats de son histoire (toujours en cours) en Ligue 1. L’En Avant reçoit alors l’AS Monaco, deuxième à 3 points derrière l’Olympique Lyonnais (mais un meilleur goal-average) pour le compte de l’avant-dernière journée.

 

 

Sochaux et Auxerre en Ligue 1, comme quoi ça date.
 

 

Arbitre pour le titre

Fort de six matches sans défaite et mettant des roustes à quasi tous ceux qui passent depuis la moitié du mois de Mars, les hommes de Bertrand Marchand sont en confiance et doivent conclure le championnat par les deux équipes s’affrontant pour le titre : réception de Monaco à la 37e journée et déplacement à Gerland lors de la 38e journée. Autant dire que l’équipe de Monaco, venant juste de se faire doubler à quelques encablures de la fin, est prévenue du guet-apens qui l’attend et est loin de se réjouir de ce déplacement à Roudourou. L’équipe de Didier Deschamps, déjà constituée d’une majorité de joueurs qui ira en finale de Ligue des Champions l’année suivante, fait tout de même largement figure de favori à Guingamp, notamment de par leur large victoire au match aller 4-0 et par la présence dans leur rang du meilleur buteur de Ligue 1 : Shabani Nonda et ses 22 buts.

De son côté, En Avant se présente avec un effectif assez expérimenté (Le Roux, Carnot, Michel, Montero…) malgré les absences de Nestor Fabbri et Blaise Kouassi, mais qui comprend l’éclosion de jeunes talents pas trop trop mauvais comme Didier Drogba et Florent Malouda. Aussi, la petite toutoune du match aller à Louis II n’est pas totalement passée tout comme les quelques chambrages monégasques dont ceux du melon peroxydé de Jérôme Rothen après un but accidentel. Les joueurs de la Principauté sont donc attendus de pied ferme par les joueurs du capitaine Coco Michel.

 

 

«Ah, du coup Steeve Joseph-Reinette est titulaire.»
 

Le Match et…la vengeance de Guingamp

 

L’esprit revanchard des Rouge et Noir ainsi que l’enjeu pour les monégasques génèrent, dès l’entame, un match enlevé et très agréable à suivre. Les premières offensives et situations chaudes sont guingampaises, que ce soit par l’intermédiaire de Drogba superbement trouvé à plusieurs reprises par Le Roux ou par des actions collectives (frappe de Ferrier à la 8ème minute), auxquelles répondent les joueurs du Rocher par des tentatives lointaines ou par la puissance de Nonda. La confiance des attaquants bretons se manifeste encore davantage aux 20ème et 22ème minutes avec les tentatives de reprise de volée de Malouda et de geste acrobatique de Drogba qui passent tout près de la cage de Flavio Roma. Mais c’est à la 25e minute que les Guingampais sont récompensés de leurs efforts à la suite d’un énième pressing haut de Florent Malouda, qui récupère le ballon, transmet à Montero sur son côté droit qui centre en une touche pour Carnot qui reprend de volée et trompe Roma sur sa droite (1-0, 25e).

La fin de première période est plus poussive pour les locaux qui subissent clairement la réaction des joueurs de Monaco, mais ni la vivacité de Giuly qui met Romain Ferrier en difficulté sur son côté, ni les missiles sol-lucarne de Shabani Nonda ne parviennent à faire plier la main de Ronan Le Crom avant la pause.

 

Jérôme, avant de chambrer gros, sois sûr de ne pas avoir une frappe de poussin du droit.
 

Au retour des vestiaires, En Avant décide de remettre en place son pressing haut du début de match et dès la 51ème minute, suite à une erreur de Squillaci, Malouda récupère un nouveau ballon et lance «Toune» qui y va de son doublé et bat Roma en face à face d’un habile (Bill!) extérieur du droit (2-0, 51e et +48% pour l’action Napapijri à la bourse d’Oslo*).

Didier Deschamps fait la moue, mais dans les secondes qui suivent, Lionel Bah gratifie le stade d’une relance dé-gueu-la-sse dans l’axe directement sur Nonda, qui prend appui sur Giuly, s’excentre sur la droite et décoche une mine au premier poteau de Le Crom. Sikimic tente de s’arracher pour contrer, en vain, c’est filoche (2-1, 56e).

Dès lors, les équipes se rendent coup pour coup dans un match toujours spectaculaire. On notera en exemple le cachou de Malouda aux 18 mètres parti directement dans le Trieux après que celui-ci a récupéré le ballon et pris de vitesse l’ensemble de la défense monégasque, à laquelle succède une frappe (trop) pure de Bernardi aux 20 mètres bien repoussée par l’homme à la queue de cheval. Aussi, à une énorme occasion de Giuly dont le tir passe juste devant le but, Drogba (encore servi idéalement par Malouda) répond par une frappe en angle fermé repoussée par Roma.

A l’entame des 10 dernières minutes, Monaco jette ses ultimes espoirs de titre en attaque mais laisse des espaces derrière; c’est alors que Malouda sur la droite fait un tour de rein à Gaël Givet à l’entrée de la surface de réparation et centre pour Saci seul à 5 mètres du but vide qui… défend bien et la sort (?????????). Les joueurs du Rocher continuent à se montrer dangereux par l’intermédiaire de Souley Camara ou encore Gallardo mais ça passe à côté ou se dirige directement sur Ronan Le Crom. Finalement, c’est dans les arrêts de jeu, après un nouveau contre guingampais lors duquel Christophe Le Roux bute sur Roma que le ballon arrive à Coco Michel à la suite d’une touche. Le capitaine caviardise Malouda dans le trou béant laissé par la défense princière dans son dos, et Florent glisse le ballon habilement sous le saut de cabri de Flavio Roma, scelle le sort du match et par la même occasion le championnat de France (3-1, 92e) car dans le même temps, Lyon est allé prendre un point à Montpellier.

 

 

Florent Malouda, zumbant avec le titre de l’AS Monaco
 

Monaco, assommé notamment par un immense Florent Malouda, à l’origine et/ou à la conclusion de toutes les occasions et buts, devra batailler avec l’OM lors de la dernière journée pour la qualification directe en Ligue des Champions. Pendant ce temps, Guingamp, qui aura donc fait basculer la Ligue 1, n’ira pas faire de jaloux, allant coller un 4-1 à Lyon quelques jours plus tard. L’En Avant termine ainsi 7ème, à 3 points de la Ligue des Champions, pour ce qui reste à ce jour la meilleure saison dans l’élite.

A la veille de la réception de Monaco pour la 34e journée, on retrouve aujourd’hui quelques similitudes comme la correction prise à l’aller, l’importance du match pour les monégasques ou encore la position de Guingamp dans le ventre mou de Ligue 1. Espérons que ces signes présagent d’un match aussi spectaculaire.

 

 2003, c’est aussi la Ligue 1 sur TPS Star et Raymond Domenech aux commentaires

 

 

 

 

Article ecrit par Jean-Charles

Fournisseur officiel de vestes Napapijri à Toune Carnot.