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Retour sur… Lyon-Guingamp 2004

Importants par leur contexte, par leurs scénarios, par leurs conséquences, par des joueurs qu’ils ont pu révéler ou encore tout simplement par le plaisir qu’ils ont pu nous procurer, nous allons revenir dans cette rubrique sur quelques matchs marquants dans l’histoire d’En Avant.

Le miracle de Gerland

Olympique Lyonnais – En Avant de Guingamp
Date: Samedi 07 Février 2004.
Lieu: Stade Gerland, Lyon.
Compet’ : Ligue 1, 23e journée.

Dans une saison pénible et usante pour les joueurs comme pour les supporters, faites de victoires étriquées (Lens, Bastia, Lille…) et de pertes de points cruelles (Marseille, Auxerre, Nice…), difficile pour les supporters d’espérer rapporter quelque chose d’un déplacement chez le double champion de France en titre. Pourtant…

Dernier au coup d’envoi

Plombée par un début de championnat pourri puis par un début de phase retour pas bien meilleur, l’équipe de Guingamp occupe une solide dernière place avant cette 23e journée. Autre statistique significative : elle n’est toujours pas sortie de la zone de relégation depuis le début de saison.

Principale explication à cette saison : les recrues arrivées l’été suivant la meilleure saison d’En Avant en championnat ne sont pas à la hauteur des espoirs mis en elles. Ainsi, en défense et au milieu, les départs de Fabbri et de Malouda sont palliés par les arrivées des illustres Fabricio Fuentes et de Ricardo Cabanas qui… repartiront dès le mois de Janvier.

« Cuitas les …….. » (Philippe Risoli)

Effectif usé

En attaque, c’est à Moumouni Dagano qu’est conféré la lourde tâche de compenser les 17 buts de Drogba lors la saison précédente. Celui-ci alternera coups d’éclats trop rares (triplé contre Strasbourg) et ratés incroyables pour un total de 8 buts et 0 passe décisive. Pierre-Yves André, Nicolas Goussé ainsi que Souleymane Camara seront aussi mis à contribution à la pointe de l’attaque costarmoricaine, pour un total quasi-famélique de 7 buts à eux trois.

Pour finir, un milieu de terrain vieillissant avec les trentenaires Le Roux, Carnot et Michel, accompagnés des deux recrues Harlington Shereni et Jérôme Leroy, trop irrégulières, ne permet que rarement de contrôler les rencontres.

« Tenu éloigné des pros, je reviens agile comme Dagano »

En face, Lyon est deuxième du classement, à la poursuite de Monaco et malgré la victoire de Guingamp à l’aller (grâce à deux actions brouillonnes) peu nombreux sont les optimistes qui croient à autre chose qu’une victoire de Lyon pour ce match. Même Bertrand Marchand, comme il le dira après le match, n’avait pas préparé son équipe à autre chose que subir.

« On avait préparé un plan défensif, une équipe « hérisson » même, car on savait que pour faire un résultat ici, il fallait d’abord bien défendre…

… et battre ces enfoirés ! » (NDLR)

Souffrance et soumission

Comme prévu donc, l’équipe lyonnaise prend rapidement le contrôle du match grâce à un milieu Dhorasoo-Carrière-Malouda-Essien plus puissant, plus rapide et plus technique. Cependant, en première mi-temps, grâce à un Christophe Le Roux agressif assez haut sur Vikash Dhorasoo et des couloirs bien bloqués par Laspalles et Guillaume, Guingamp réussit à tenir l’OL loin de ses buts, les empêchant de combiner correctement dans les 30 derniers mètres.

Les centraux, Kouassi et Saveljic font tous deux, plus ou moins dans la finesse, un match plein et empêchent Luyindula de recevoir les ballons. Lyon ne se montrera finalement dangereux que par des tentatives lointaines sur lesquelles Le Crom s’interposera plus ou moins facilement. Au niveau offensif, même si certains efforts sont faits pour relancer de manière propre, cela reste difficile pour les milieux d’atteindre les fusées (je déconne) Dagano et Camara sur les contres.

0-0 à la mi-temps et l’incertitude est donc de savoir si les Rouge et Noir pourront tenir tout le match à courir derrière le ballon.

Le « Nickel » Crom

En seconde mi-temps, l’emprise lyonnaise sur le match devient de plus en plus intense et les situations de la première période deviennent de véritables occasions. Essien, notamment, fait du mal par sa puissance et ses perforations et lorsque Le Crom, auteur d’un match énorme, n’est pas sur la trajectoire, c’est le poteau qui se charge de repousser le ballon.

Guingamp ne parvient plus du tout à ressortir le ballon et des dégagements en catastrophe succèdent à chaque vague lyonnaise. Les 20 dernières minutes alors ne sont plus qu’un siège du camp guingampais. L’équipe souffre, les corners s’accumulent (17 en tout) et Le Crom est encore là sur des frappes de Govou et Luyindula. Irrespirable pour chaque supporter d’En Avant qui passe son temps à regarder le chrono immobile dans le coin supérieur droit de l’écran.

«Hey Ronan, avec quelle main tu vas dégager du poing dans ton propre but contre Metz en fin de saison ?»

Braquage à l’armoricaine

C’est alors que survient la 91e minute, lors d’une incursion impromptue des guingampais dans le camp lyonnais, Cédric Bardon, entré en jeu et étrangement esseulé aux 20 mètres, reçoit le ballon et tente une frappe qu’Edmilson détourne au dernier moment en corner. Rires narquois des commentateurs: « On n’était pas passé loin du hold-up parfait. » On pense alors pouvoir tenir le match nul, Bertrand Marchand y tient aussi et laisse 6 joueurs en défense sur le coup de pied de coin. Seuls André, Bardon et Saveljic sont présents dans la surface lyonnaise sur le corner d’un Christophe Le Roux draguant Nelly Viennot au passage.

Le ballon part au second poteau, PY André remet de la tête pour Nisa Saveljic qui se monte la balle et tente une reprise acrobatique. Coupet s’arrache. Trop court, c’est dans le petit filet. Nisa exulte et va voir son pote Sikimic rentré au préalable pour renforcer la défense. Des images que l’on aime (0-1, 92e).

Fin du match ? Non. Ce serait trop facile. Sur le coup d’envoi, l’OL obtient un nouveau corner, Patrick Müller surgit au premier poteau et envoie le ballon sous la barre mais Ronan Le Crom est encore là pour effectuer une ultime claquette. Le dernier corner ne donne rien et M. Auriac siffle la fin du match. Bonheur ultime, on a fourré Aulas, et tous les Lyonnais.


Toi aussi, imagine ce que Christophe a dit pour pécho Nelly

 

Jean-Michel Hélas

« Lyon tombe de haut », titrera L’Équipe et, déjà en 2004, Jean-Michel Aulas avait, à propos de deux actions litigieuses dans la surface guingampaise, le cynisme qu’on lui connaît.

« On a eu beaucoup d’occasions, mais la réussite n’était pas avec nous. L’arbitre ne nous a pas aidé non plus mais on ne va se plaindre comme Monaco. »

Alors braquo oui, hold-up oui, mais aussi fabuleuse solidarité de la part des joueurs dans un match qui aura tué les nerfs de nombre de supporters espérant que ce match serve de déclic pour la suite. En Avant aura d’ailleurs un net regain de forme notamment à domicile et sortira enfin de la zone de relégation. Pas suffisant néanmoins pour empêcher la descente, la faute à une toute fin de saison catastrophique sur laquelle nous reviendrons probablement.


Nasty Olympique Lyonnais fucked by big Guingamp

Article ecrit par Jean-Charles

Fournisseur officiel de vestes Napapijri à Toune Carnot.

  • Alex Bartowsky

    C’est génial de revivre des moments comme ça ! Merci les gars pour votre site et votre page facebook. Vous me faites marrer ! 🙂