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Supporters expatriés : le guide de survie

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Amour, travail, goût de l’aventure ou simplement en cavale après un braquage de crêperie raté, chaque supporter expatrié cache une histoire qui lui est propre. Pas forcément anticipée, la coupure géographique peut être vécue comme le poteau de Gignac en finale de l’Euro 2016, une douleur omniprésente dont on ne parle pas. Alors si toi aussi tu es loin de ton club et perdu face à ce changement de vie, les Roud Boys te proposent un guide de survie en 5 parties à faire pâlir Bear Grylls et ses amis.

 

Etape 1 : Surmonter la séparation et se reconstruire.

Changement de ville, de pays, de crèmerie, voilà vos cartons enfin déballés dans votre nouveau foyer, le tout accompagné d’un sentiment d’accomplissement. Heureux comme Mana Dembélé après son premier but à Roudourou, vous en oubliez presque qu’à 20h débute un match de l’En Avant de Guingamp. Irrémédiablement, cette prise de conscience s’accompagne d’un sentiment vide abyssal digne d’un tacle par derrière : non, vous ne regarderez pas ce match au stade, ni à la télé avec vos amis, ni dans un bar avec les légendaires piliers de comptoir guingampais.  En clair, vous en avez gros.

Pour surmonter cette étape, il est important d’accepter la situation en trouvant du réconfort, notamment dans les internets, via les vidéos des exploits de nos petits protégés, en parcourant le compte Twitter de Nicolas Benezet (big up Marie) ou en feuilletant à nouveau votre album Panini 95-96 .

Avec Fabrice Divert, premier buteur d’EAG en Division 1.

Il faut vous rendre à l’évidence, rien ne sera jamais comme avant. Après l’acceptation, reprenez le dessus en projetant votre retour pour quelques jours en terre promise pour un match à domicile. De toute façon les Madeleines d’Armor accompagnées du café de votre mamie vous manquent trop, avouez-le.

Etape 2 : Créer de nouvelles habitudes.

Les weekends de match devant la télé deviendront pour vous sacrés. Un cérémonial précis doit être mis en place. Rassurez-vous, cette étape est bien moins complexe que la signification de la célébration de Jimmy Briand contre Bordeaux.

Pour  faire simple, prévoyez une boisson adéquate, un plateau de trucs interdits par votre médecin et enfermez-vous à double tour en prenant soin de fermer les volets. Car oui, n’oubliez pas que vous êtes en terrain Païen, nul voisin ne saura comprendre vos cris de joie ou vos vociférations envers Mathieu Valbuena hurlant de douleur après une caresse amicale de Diallo. Enfin, les matchs à l’extérieurs sont aussi l’occasion de voir Guingamp dans d’autres circonstances, même si c’est à vos risques et périls, pensez-y sérieusement.

Etape 3 : Equipement de survie.

Vous voilà parfaitement en phase avec votre statut naissant d’expatrié après les trois premières étapes. Mais nul ne saurait se passer d’artifices afin de signaler au monde entier à quel crew vous appartenez.

Supporters RC Lens

 Nos amis amis lensois, maîtres en la matière – Source : So foot 20/09/12 – Maxime Delcourt 

L’écharpe du Kop Rouge remplace votre écharpe en soie pour aller au travail, votre véhicule se trouve aujourd’hui affublé d’un autocollant EAG, votre plus beau t-shirt laisse place au maillot 94-96 pour arpenter les rues de votre nouvelle ville et enfin, vous ne partez jamais en déplacement sans votre disque de stationnement EAG. (Oui, ça existe.)

Etape 4 : Vivre sa passion en société.

Il n’est pas toujours aisé de trouver un supporter aussi chevronné que vous dans votre nouvelle ville. Vous serez amenés à très souvent vivre vos matchs seuls, tel un gardien de phare. Pas de panique, allumez la télé et vivez le match avec bien d’autres supporter de valeur sur Twitter, en LT. Ok, ce dernier conseil est vraiment facile à suivre, abordons un aspect bien plus délicat de cette étape: le nécessaire refus de certaines sollicitations. Oubliez ce rencart avec la belle blonde rencontrée au pub d’à côté, car ce soir, c’est la demi-finale de la coupe de France entre Guingamp et Brest. Si vous ne souhaitez pas voir le fantôme de Sloan Privat hanter vos nuits par une action ou ce dernier dribble quatre défenseurs avant de faire un coup du foulard lucarne opposée, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Vous pouvez éventuellement faire comme Ar Melo et proposer une nouvelle décoration sur votre lieu de travail. Photo prise avant la finale de la Coupe de France 2014, près de Rennes. Thug life 

 

Etape 5 : S’épanouir en tant qu’expatrié.

D’accord, la quatrième étape n’est peut être pas la meilleure que vous aurez à vivre, mais il est tout à fait possible de s’épanouir en tant qu’expatrié guingampais dans les vastes étendues provinciales. Vous serez amenés à découvrir la passion de votre voisin de bureau par exemple, fan du Havre, qui vous traînera au stade Océane en vous racontant pourquoi il aime tant ce club de dockers. Vous en profiterez à votre tour pour clamer haut et fort votre amour pour vos paysans préférés. La même passion, mais pas le même maillot, donc. Au final, l’épanouissement passe par l’autre, tout en restant fidèle à ses valeurs coûte que coûte: hors de question de laisser ce branquignol de collègue vous chambrer au sujet de la confrontation des deux clubs sans répliquer. Pour lui, vous êtes la représentation de Guingamp, soyez en digne.

 

Vous l’aurez bien compris, on n’est jamais vraiment préparé à vivre notre amour pour l’En Avant loin de la terre promise. Mais s’il y a bien une relation à distance qui peut fonctionner, c’est celle-ci, pour peu que l’on y mette de la bonne volonté. Certes, le changement demande de l’adaptation, parfois des sacrifices, mais offre très certainement une nouvelle perception du club, renforçant souvent l’attachement au maillot. Le KRIDEF (Kop Rouge Ile de France), le Kralle (Kop Rouge Allemagne) ou le Kop Rouge 29 démontrent que rien n’est impossible lorsqu’il s’agit de vivre sa passion et de la partager.

 

 

Appel à témoignages

Si toi aussi tu es un supporter en voyage, raconte nous ton anecdote ou ton souvenir de supporter expatrié le plus marquant. Un article dédié présentera vos exploits à la terre entière. Pour se faire, envoyez un MP sur twitter à Xavier sur @xavilavista ou par mail.

 

Article ecrit par Xavier

Guingampais expatrié, passionné depuis mes premiers matchs sur la butte Ouest du Roudourou en 95 (ça date), je traîne mon spleen en terres normandes et récite une ode à Mouss' Diallo chaque matin. Handballeur à mes heures perdues, professionnel de l'event et de la com' dans la vraie vie