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Supporters expatriés : vos témoignages.

Vous avez été plusieurs à réagir au guide de survie, nombre de supporters se sont reconnus et ont partagé avec émotion des moments de vie hors des terres bretonnes, ou tout simplement costarmoricaines. Merci à vous les boys ! Il est maintenant temps de dévoiler au monde entier ces instants de gloire, de solitude et de fidélité. C’est vous, et c’est sans filtre.

 

Mathieu, notre premier expatrié à témoigner est étudiant aux États-Unis, à Los Angeles. Dès son arrivée, Mat a voulu importer la Roudourou touch’ dans le pays du mec à la mèche jaune : « Le plus « drôle » ici, c’est que les américains, contrairement à ce que l’on peut imaginer sont quand même assez branchés soccer ! La première semaine, quand je suis arrivé ici, j’ai parlé avec un américain à Venice Beach. Il ne connaissait rien de la France. Il m’a demandé d’où je venais, je lui ai dit de Bretagne ! Il me répond « Marseille ? ». Là je me suis dit que c’était mal barré. Après plusieurs échanges, je lui ai donné 7-8 stickers de l’EAG, et je lui ai dit : fais en bon usage! »

Supporter de guingamp expatrié aux Etats-Unis.

Mathieu aux États-Unis, admirant le palmarès du Stade Rennais.

 

Ses moments de villégiature à Venice Beach le poussent également à re-sticker régulièrement des autocollants de la Brigade Loire nantaise ou tout simplement à les dégager lorsque son stock crie famine. Une occupation louable, force et honneur mec.

Être supporter de Guingamp aux USA peut aussi apporter son lot d’imprévus. Grand amateur de basket, Mathieu en profite pour se faire un petit match des Clippers contre Portland au Staples Center, il ne s’attendait pas à devoir défendre ses couleurs face à des agents de sécurité zélés : « Ayant deux clubs de cœur, l’EAG et le Barça, je sors toujours avec un de ces maillots. Ce soir-là, je me suis mis en maillot EAG, avec mon drapeau breton, plusieurs agents de sécurité sont venus me demander ce que représentait mon drapeau. Évidemment, j’ai dû leur expliquer pendant 10 minutes qu’il ne s’agissait pas d’un drapeau politique ».

Supporter de Guingamp au Staples center de Los Angeles avec un drapeau breton

Mathieu au Staples Center de Los Angeles

 

Le plus dur pour lui reste au final de trouver une chaîne de diffusion pour les matchs et de pouvoir en profiter : « Entre les 9 heures de décalage, la plage et les cours, je me suis déjà retrouvé à regarder des matchs au milieu de la nuit, mon colocataire l’a très souvent mauvaise ! ». Supporter son club loin de chez soi n’est pas de tout repos, mais la ferveur ne compte pas les heures, grand bien lui fasse.

Cette dernière galère de diffusion ouvre parfaitement l’histoire de notre second expatrié, Erwin

Erwin est un jeune homme qui a la bougeotte. Supporter globe-trotter qui se respecte, il n’a de cesse de garder un minimum de lucidité lorsqu’il s’agit de regarder un match de Guingamp loin de ses terres. Nous sommes le 8 août 2015, notre ami profite des délices d’Osaka et probablement, abuse du Saké dans une taverne nippone. Jusqu’ici, pour un breton, la situation est normale. Si le moment est agréable, l’arbitre siffle toujours la fin du match et il faut songer sur le coup de 3h du matin à faire une révérence à ses compagnons afin de reposer les esprits. Grossière erreur. Erwin profite d’un incroyable moment de lucidité en compagnie d’un ami pour se rappeler qu’un immanquable Nantes-Guingamp débutera à 4h du matin avec le décalage horaire. Ni une ni deux, après une recherche de streaming, les bières s’ouvrent et se vident devant la première mi-temps. Les deux seules âmes vivantes au Japon à regarder  ce choc de ligue 1 s’offrent même le luxe de faire le plein à la supérette du coin à la mi-temps pour anticiper …le CSC de Sorbon en fin de match, respect. Le souvenir reste.

Véhicule de supporter de Guingamp avant un déplacement Angleterre France

Erwin pimp sa caisse avant son périple Torquay – Saint-Denis, Stade de France.

 

A signaler également qu’Erwin, actuellement en Angleterre, s’est tapé un aller-retour voiture, bateau, train, RER, Métro de  Torquay (UK) à Paris pour la finale 2014 de la coupe de France opposant Rennes à Guingamp. 19 heures de trajet à l’aller, 3 de moins au retour. L’amour paye, puisque qu’à son retour il s’offrira une fin de nuit dans le coffre de sa voiture la tête remplie d’une victoire au stade de France.

Parmi les situations les plus inconfortables, notre prochain fan des Rouge et Noir ne se contente pas de se camoufler en territoire hostile.

Romuald habite aujourd’hui du côté de Rennes, et comme vous pouvez le penser, cette sensation d’être constamment infiltré chez un rival impose à ce supporter une discipline de fer. S’il revient de temps en temps à Roudourou, il passe le plus clair de son temps à regarder les matchs de Guingamp seul devant l’écran, devant le regard interloqué de ses enfants. Téméraire, il arbore un fanion de Guingamp sur son véhicule dans les rues de Rennes. Le geste est apprécié à la hauteur du risque, preuve que jouer les gros bras en voiture familiale est possible.

La finale de Coupe de France 2014 sera vécue pour lui chez des amis, à Nantes, accompagné d’un contingent rennais bien fourni. Des amis qui auront la gentillesse de le laisser regarder le match et de le laisser pleurer de joie seul au coup de sifflet final.

 

 

 

 

 

 

Autre rebelle, Alexis, expatrié mayennais. En 2009, après la finale Guingamp-Rennes, ce dernier n’a pas hésité à laisser quelques temps au nez et à la barbe de son voisin, supporter rennais, un drapeau d’EAG à sa fenêtre. Un acte lui permettant de rappeler chaque matin au malheureux voisin, lorsqu’il partait au boulot et chaque weekend lorsqu’il tondait sa pelouse qui était le patron. (Il respecte ici scrupuleusement la dernière étape du guide de survie en défendant ses couleurs coûte que coûte.)

 

Qu’ils soient à Los Angeles, Osaka, Rennes ou en Mayenne, ces expatriés sont la preuve vivante que la ferveur n’a pas de frontières. La conclusion de ce focus sur les fans délocalisés, c’est qu’être supporter loin de sa zone de confort permet de s’ouvrir, de faire découvrir, de partager et de créer un lien entre ses racines et la vie qu’on choisit de mener. Certes, des ornières jonchent le chemin de la passion, mais continuez à vivre EAG et à venir partager avec nous vos moments de supporter les plus WTF autour du monde.

N’hésitez pas à suivre Mathieu sur Instagram, notre supporter actuellement aux États-Unis qui partage régulièrement ses aventures : ici

Article ecrit par Xavier

Guingampais expatrié, passionné depuis mes premiers matchs sur la butte Ouest du Roudourou en 95 (ça date), je traîne mon spleen en terres normandes et récite une ode à Mouss' Diallo chaque matin. Handballeur à mes heures perdues, professionnel de l'event et de la com' dans la vraie vie