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Welcome to Hotel Beber

Les faits remontent au mardi 4 octobre 2016. Alors que l’élection du conseil d’administration de la LFP est prévue pour le lendemain, six renégats se réunissent au milieu d’une chambre d’hôtel luxueuse du seizième arrondissement de Paris. Qui sont-ils ? La réponse est simple : ce sont six présidents de clubs de Ligue 1 réunis sans trop qu’on ne sache pourquoi. Pour vous, nous nous sommes procurés la vidéosurveillance de la chambre en question.

Les hommes, d’apparence modeste, détonnent un peu avec le lieu et ne semblent pas vraiment être à leur place. Ils sont cinq assis autour d’une table. Le sixième, clairement meneur de la troupe est lui debout, ses lunettes vissées sur le bout de son nez, costume gris impeccable et écharpe bleue soigneusement enroulée autour du cou. Au moment où il s’apprête à prendre la parole, il ne fait plus le moindre doute, il s’agit bel et bien de Bertrand Desplat, président de l’En Avant de Guingamp.

« — Bon, les gars, on n’est pas là pour traire les vaches, on va aller droit au but. Si on est là, c’est pour une raison aussi simple que bonne… »

Bertrand n’a pas le temps de finir, qu’un vieil homme visiblement essoufflé d’avoir pris l’ascenseur il y a moins de trois heures, lui coupe la parole.

« — Putain, j’espère qu’on n’est pas là pour s’enculer, je suis pas pédé moi ! » lâche alors Loulou Nicollin, à la surprise de personne.

« — Moi on m’a dit que c’était un truc contre la LFP alors j’suis venu direct, par principe ! » déclare Pierre-Marie Geronimi, président du SC Bastia, frappant fort son poing contre la table. « Tous des pourris à la LFP. »

Desplat ne se laisse pas faire et reprend directement la parole.

« — Messieurs, du calme. On ne vous a donc jamais dit que c’est quand on s’arrête d’avancer qu’on finit par reculer ? Je disais donc : si on est tous réunis en ce jour c’est pour la simple et bonne raison que Jean-Michel Aulas souhaite accaparer l’argent des droits télévisuels pour lui et les plus riches. Et ça, c’est juste pas possible. S’il y a bien des personnes qui savent à quel point le statut d’un club en Ligue 1 est précaire, c’est bien nous. On n’est jamais qu’à une mauvaise saison de devoir jouer contre Nîmes. Enfin, ça dépend, y en a certains ici qui aiment bien jouer contre Nîmes, ça renfloue les caisses. »

Il se tourne vers Jean-François Fortin, président du Stade Malherbe de Caen, qui se faisait jusque là discret, avant de lui faire un petit clin d’œil. Alors qu’il s’apprête à continuer, un autre homme souhaite prendre la parole. Le teint blafard, fatigué lui aussi, un peu comme s’il portait sur ses épaules les espoirs d’un club n’ayant rien gagné depuis avant la naissance de Benjamin Nivet.

« — Mais… qu’est-ce que je fous là, moi, du coup ? Avec Rennes on en est à notre soixantième saison en Ligue 1 dont plus de vingt consécutives. J’ai vraiment pas l’impression que la Ligue 2 soit un sujet qui me concerne, si ? »

« — Non, tu as raison René. » concède alors Desplat, avant de continuer « mais combien de podiums, de Ligue des Champions jouées, et de finales de Coupes remportées ? »

« — Je… Râh ouais, putain, on est vraiment nuls. Désolé. »

Ruello baisse alors la tête et se fait silencieux lors qu’une voix timide se fait entendre. C’est le président du FC Lorient.

« — What about me ? Tamaget au baconnet ? Brian is in the kitchen. »

« — Tu nous casses les couilles. Ton prénom c’est Loïc, arrête de faire style t’es anglais. Ton entraîneur c’est Sylvain Ripoll, pas José Mourinho » lâche de façon très directe René Ruello, certainement vexé par la réalisation qu’il vient de faire.

Visiblement agacé par le manque d’implication de ses invités, le président guingampais reprend son discours comme si de rien n’était.

« — Pour en terminer, et après vous pourrez tous rentrer chez vos mères, voilà ce qu’on va faire pour la mettre bien profond à Jean-Mi. Moi, déjà, j’ai la majorité des clubs de Ligue 2 derrière moi et demain on va se pointer au CA en bande pour faire flipper tous les gros. Un petit tout seul est inoffensif mais quand on se serre tous les coudes, on est imbattables. J’ai appris ça dans 1001 Pattes. Du coup, ce que vous allez tous faire, c’est prendre vos téléphones et donner un coup de fil à tous ces présidents de clubs un peu dans le mal et qui sont à tout moment menacés par la Ligue 2, que ce soit Angers, Toulouse ou Marseille et on va se pointer au CA tel Rocco un jour de tournage. »

Les hommes se lèvent alors tous, se serrent la main et sortent à l’exception d’un, Louis Nicollin visiblement agacé. Il est le dernier dans la pièce et attend que tous les présidents soient sortis pour évacuer sa frustration.

« — On m’avait promis des putes et de la bouffe et qu’dalle. Ras-le-cul des péquenauds. J’ai pas que ça à foutre, j’ai un club à sauver moi et c’est pas avec Camara ou Hantz que ça va se faire. »

 

Article ecrit par Franck

Adorateur de Moustapha Diallo.